Vent de printemps finissant

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Je regardais le vent

cachée dans ma tanière

un vent chaud, orageux,

un vent violent et coléreux.

Il glissait dans les branches

du févier épineux.

Peu importe les griffures

acérées de ses piques.

Le vent imperturbable,

le vent inexorable

fouettait sans une pause

le jardin effrayé.

 

Je regardais le vent

dans les branches ondulantes

qui dansaient une danse

inquiétante.

Tantôt se balançant,

d’une lente sarabande,

tantôt fouettant le sol

couchées à se rompre.

 

Un éclair de soleil

luisait sur les milliers de feuilles

Comme des poissons volants

elles scintillaient et bruissaient

Douce plainte suppliant

que ça cesse…

 

Les oiseaux s’étaient tus

cachés dans les murailles

Ils attendaient transis

la fin de la bourrasque.

 

Et j’écoutais les branches

ployantes jusqu’à terre.

Malmenées, se débattant

sous la force incongrue

du vent annonciateur

d’un été de galère…

 

Je restais allongée

dans la chambre d’amis

immobile et scotchée

par cette démesure.

Je voulais avec lui

partir et m’enrouler

autour des troncs robustes.

Hurler dans les ramures,

et crier ma colère…

Et puis jeter à terre

telles les branches cassées,

ma peine et ma révolte.

 

Quelques instants encore

l’orage s’éloignait

je trouvais le sommeil,

lourd et agité.

Il est où le ciel bleu?

limpide et chaud

il est où?IMG_3770

 

 

Deux mille quinze

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DSC08561

C’était pas l’année des chats

c’était l’année de la peur

c’était l’année de l’au-delà

l’année des attentats.

 

Paris… Charlie…

Mimie

pour comprendre

faut s’arrêter le soir,

la main sur la poignée

et attendre…

 

qu’elle rentre,

qu’ils rentrent.

une année de merde

trahison, désillusion

une année qu’il faudrait

oublier

 

on peut pas

pas comme ça

tout effacer

d’un trait

tu cliques sur Escape

sur Retour en arrière

ça marche pas

pas comme ça

 

c’était pas l’année des chats

Rourou… ronron…

pas pleurer

sur des chats

et pourquoi pas?

 

C’est l’absence

que l’on pleure

qui nous déchire

quelle qu’elle soit

qui que ce soit.

 

Attente

attentats

 

 

TERRORISTES

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TERRORISTES

 

Merci pour le sang dans la bière.
Moi qui suis un amateur avisé et un collectionneur inassouvi, j’en ai  dégusté des milliers de bières, à la framboise, à la châtaigne, au piment, au chanvre, aux algues ou à l’eau d’iceberg, des trappistes, des bières de table, de toutes les couleurs et de tous les pays, des artisanales et des industrielles… mais en terrasse, une bière à l’hémoglobine, j’avoue
que j’aimerai bien y goûter.

….

Merci pour la cervelle dans l’assiette.
Je ne suis pas ce qu’on appelle un fin gourmet, mais j’aime bien manger de bonnes choses, y compris les abats. Bien préparés, c’est excellent. Et les huîtres, les escargots, les tripes, la panse de brebis farcie, et que dire des insectes grillés à l’apéro … mais au restaurant, de la cervelle dans l’assiette, sans assaisonnement ni accompagnement, c’est une préparation culinaire qui est peut être savoureuse.

…..

Merci pour les pétards au stade.
J’aime bien le sport en général, le foot en particulier. Du match de village à la Coupe du Monde, je me régale à voir les belles actions de 22 joueurs courant après un ballon. Les cris, les chants, les sifflements, la ola …Et je vibre quand il y a un but … mais au stade, celui qui vibre sur son siège à cause d’une bombe, je me dis que ce doit être une sensation bizarre.

…..

Merci pour les trous dans le papier.
J’adore la BD. J’en ai des dizaines chez moi. Des premiers comics strips au dernier Asterix, je trouve cela diversifiant, amusant, satyrique ou éducatif, instructif aussi. De Forton à Hugo Pratt, en passant par Manara, Hergé, Moebius ou Will Eisner, et même par le petit dessinateur de fanzine … mais des trous à la place des bulles, c’est sûrement un humour d’un genre nouveau.

…..

Merci pour les rafales au concert.
La musique fait aussi partie de mes plaisirs, depuis tout petit quand ma mère me chantait «fais dodo, Colas mon p’tit frère …» Après j’ai découvert d’autres horizons, du rock progressif des Pink Floyd au hard d’AC/DC, la musique celtique de Dan Ar Braz, la chanson française de Piaf à Cabrel, les bandas du Sud-Ouest, même le jazz ou le reggae … mais là, ces rafales de mitraillettes en plein concert sont à coup sûr des percussions innovantes.

…..

Merci pour la mort des copains ou des inconnus.
C’est vrai, quelquefois, j’aime bien un peu de solitude, pas du genre à me changer en ermite, seul dans une grotte, mais un peu de silence et de quiétude, c’est vraiment reposant. Ou alors, juste le souffle du vent, le bruissement des feuilles, le chant des oiseaux … fini le brouhaha de la foule et les cris des enfants … mais un silence de mort, ça doit être
réellement impressionnant.

…..

Merci pour ce climat particulier qui règne autour de nous depuis quelques jours.
Quand on aime les bonnes anecdotes, les histoires de potaches, les blagues à 2 balles, les bons mots de Coluche ou les films de Bourvil, les impostures de Lafesse, les sketches de Foresti, quand on est optimiste et bien dans sa peau, c’est vraiment bon de reposer ses zygomatiques et faire une bonne tronche de dépressif ou de type apeuré et craintif.

…..

Malheureusement, j’ai un frigo à la maison, où ma Biérataise est au frais, je mange un bon magret acheté au marché, attablé au salon, devant la télé qui retransmet les matches de Guingamp, des concerts des Vieilles Charrues ou des films des Charlots, ou bien je relis un vieil Hara Kiri avachi dans mon canapé … tout seul avec mon chat.
Alors, je ne risque pas de vous croiser, vous les terroristes, car je ne vais pas en terrasse au bistrot de mon village, ni dans la salle du restaurant de la ville, ni dans les tribunes au stade, et encore moins dans la fosse au Zenith ou aux stands du salon de la BD. Et personne ne vient me voir pour discuter, ou pour me faire rire … sauf mon chat.

…..

Du coup, j’ai pris une décision : je vais quitter mon nid douillet, et aller me promener partout où sont les foules, dans les rues, les musées et les parcs, parler aux anciens ou tchatcher en argot, rire à gorge déployée avec eux, manger goulûment et boire de l’alcool, me mettre torse nu, danser comme un fou et chanter bien haut, embrasser les filles, taper très fort dans le ballon … Et j’espère que je vous rencontrerai pour vous remercier de toutes ces bonnes choses que vous nous apportez, vous, les terroristes. Et je lèverai les bras au ciel pour remercier je ne sais qui, là-haut, celui qui vous conseille d’agir en son nom et en ses principes.

…..

Oui, vraiment, merci les terroristes, de m’avoir permis, en plus, de réviser les paroles de la Marseillaise et de réentendre la belle mélodie de « Imagine ».

MERCI LES TERRORISTES
mais par pitié, ne tirez pas sur mon chat !

 

Ce texte m’a été envoyé par l’ami P@py

Toulouse – Luke : «Le rock, c’est hurler sa rage» au Metronum jeudi 26

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24 Novembre 2015

Quelque part en France

Tiens, ça fait plaisir de te voir,
Ça fait longtemps que t’es pas venu
Alors tu danses toujours avec les stars
A Paris comment vont les trous du cul
Tu sais ici rien n’a changé
Toi t’es pareil qu’avant,
Cryogénisés on vit tous chez les morts vivants
On se fait tellement chier
Ici c’est le pays de la rame
Du pays sans arabe,
Pour allumer le feu
On a voté pour la flamme
Pour la femme, mais on n’est plus des skinheads
On a laissé pousser nos cheveux

On est le premier parti de ceux qui s’emmerdent
On a poussé au milieu d’un centre commercial
Nourris à la pub et au slogan du Front National
Et puis la gauche et la droite
Nous ont tellement baisé
Qu’ils se sont barrés
Le centre commercial a fermé
Oui mais fallait rester
On est la France invisible
Et la France de nulle part
On est la France indicible
On est la France du trop tard

Vous nous faites bien marrer
Avec votre main sur le cœur
« Touche pas à mon pote »
Mais nous on fait partie de la France qui est morte

Quelque part en France,
Ça pue la flamme
Ça sent l’essence
Putain, j’en ai mal au cœur
Ça pue la mort
Ça sent la peur
Cher pays de mon Enfance
On fait partie de cette France échangiste
On a échangé les vieux moches de droite
Contre les beaux gosses extrémistes

De la France qui a trop donné
Qui voudrait reprendre
La France qui est à chier
Que tu aimerais tellement comprendre
On fait partie de ceux qui ont été diabolisés
Qui sont maintenant divinisés, galvanisés,
Qui font les kékés sur les marchés,
La France de l’amour est dans le pré,
De la haine est dans les urnes,
Celle qui fait 25% les doigts dans le nez
Ça fait mal aux burnes
La France des gros sabots
Des croques-mitaines
Celle qui aimerait se faire purifier
Par des jolies pluies diluviennes

On est la France qui n’aime pas trop les pd
Ils font ce qu’ils veulent avec leur cul
Mais on ne va pas en plus les marier
On s’emmerde tellement
Qu’on fout notre merde à la gueule de l’époque
Comme un chien qui va voir son maître
Parce qu’il est si fier de sa crotte
On est la France des librairies qui ferment
On est la France des parkings qui ouvrent

Quelque part en France
Ça pue la flamme
Ça sent l’essence
Putain, j’en ai mal au cœur
Ça pue la mort,
Ça sent la peur
Cher pays de mon Enfance
Quelque part en France
Quelque part en France
Ça pue la flamme
Ça sent l’essence
Putain j’en ai mal au cœur
Ça pue la mort
Ça sent la peur
Cher pays de mon Enfance
Quelque part en France
Ça fait du mal au cœur

Publié le 23/11/2015 à 08:01

Concerts – Musique

Le 26/11/2015

Thomas Boulard, leader du groupe Luke./ Photo DR

Thomas Boulard, leader du groupe Luke./ Photo DR

«Pornographie» : le titre du 5e album de Luke a de quoi frapper les esprits. C’est bien le but du chanteur du groupe, Thomas Boulard, dont la colère jaillit contre la société du décervelage et du profit. En concert jeudi au Metronum.

Ce disque est un brûlot rock’n’roll, un cri de rage, un hommage à ceux qui continuent de se battre contre l’injustice et l’adversité. Et Thomas Boulard en est le héraut, vaillant chevalier des idées généreuses, dans un monde qu’il n’aime pas. Quand il ne chante pas, le leader du groupe Luke est le plus aimable des hommes, ravi de converser de politique, certes, mais aussi de littérature.

Pourquoi avoir choisi un tel titre, «Pornographie» ?

J’aime ce mot car il est d’une grande force. Au-delà de son étymologie, il signifie «le corps qui se vend». Et ce disque est le cri de tous ces corps qui se vendent et qui cherchent à retrouver une dignité.

La pornographie, ce n’est donc pas seulement le sexe ?

Je qualifie de pornographie un ensemble de systèmes de valeurs basées sur l’argent et la performance, un ordre moral ; l’inacceptation du doute, des perdants. Dans le monde actuel, il faut être parfait, aller vite, se morceler. Cette utopie ne fonctionne pas : elle rend les gens bêtes et les mutile.

La chanson contestataire est rare aujourd’hui. Vous sentez-vous un peu seul ?

Il y a une acceptation totale, une autocensure des artistes que je comprends trop bien mais que je n’accepte pas. On nous répète qu’il ne faut pas être anxiogène, clivant ; qu’il ne faut pas choquer les annonceurs. Eh bien, si. Je ne veux pas passer au Ripolin une société qui me paraît laide et dangereuse ; une société qui provoque des souffrances passées sous silence. En tant qu’artiste, j’ai la conviction de devoir parler pour ceux qui pas accès à la parole.

Votre musique, c’est aussi le plaisir, l’énergie rock…

Pour moi, le rock n’a rien à voir avec AC/DC ou U2, ces vieux groupes de types de 60 ans qui sont juste des entreprises internationales de défiscalisation. Le rock, c’est la flamme, la douleur intérieure ; hurler sa rage et y mettre toutes ses billes. Aujourd’hui, l’esprit rock, on le trouve plus dans le rap. Et certainement pas dans les Français qui chantent en anglais une musique aussi lisse que l’époque est complexe et ardue.

Votre vision du monde est sombre. Qu’est-ce qui vous apaise ?

La vie est belle mais l’époque est de merde. Ce qui m’apaise, c’est la révolte des autres. Celle de gens comme Céline, Angot ou Houellebecq. Ils écrivent contre et j’aime ça. Quand je lis des gens qui hurlent, cela me rassure. Je trouve des frères sur Terre.

Que représente la lecture pour vous ?

La lecture m’a sauvé de la bêtise. Au moment de l’énorme succès de «La Tête en arrière», j’aurais pu devenir complètement débile. Alors que mon ego s’hypertrophiait, j’ai choisi de me mettre à la place des autres, de rentrer dans leur expérience. En lisant. Tout simplement.

Album « Luke » (Jive Epic Sony Music). Luke en concert au Metronum, à Toulouse, jeudi 26 novembre à 20 heures Tarif : 23 €.


Fan de Tristan Garcia

Thomas Boulard est un grand lecteur. Récemment, il a particulièrement apprécié «A ce stade de la nuit», de Maylis de Kérangal, qu’il avait découverte avec «Naissance d’un pont». Un autre auteur le «touche» profondément, le Toulousain Tristan Garcia, qu’il suit depuis ses débuts. «L’arrestation de Julien Coupat, la démesure policière autour de cette affaire m’avaient beaucoup marqué. Quand Tristan Garcia s’empare indirectement de cet événement dans Faber(sur le combat politique et ses impasses, NDLR), il en fait un roman exceptionnel. Et le nouveau Garcia, 7, est bien en place dans la pile de mes prochaines lectures».

Propos recueillis par Jean-Marc Le Scouarnec

Le groupe Luke sort son cinquième album : engagé sinon rien

MUSIQUE par Yann Bertrand jeudi 8 octobre 2015 14:56, mis à jour le vendredi 9 octobre 2015 à 14h00

 

Existe-t-il encore des artistes politiquement engagés en France ? La réponse est plutôt négative, tant la crise de l’industrie musicale pousse de plus en plus à ne surtout faire aucune déclaration tapageuse. Ce n’est pas le cas de Luke, le groupe français qui sort ce vendredi son cinquième album, « Pornographie », plein de révolte et de colère.

Avec le groupe Luke, il faut toujours attendre un peu entre chaque album – le dernier datait de 2010 quand même -, le temps que la colère monte. Pour ce cinquième album, Pornographie, Thomas Boulard a mis le paquet. L’auteur-chanteur crie toute sa révolte face au monde tel qu’il est ; individualiste, inégalitaire, standardisé, vulgaire, il n’a pas de mots assez durs. Il ne comprend pas, également, pourquoi son groupe se retrouve si seul quand il s’agit de s’engager : « Comment se fait-il, quand on est artiste, qu’on ne puisse pas user de sa responsabilité morale ?« 

Le jeudi 08 octobre 2015

Le rock de Luke, sans concession, sied bien à ces paroles désenchantées, des paroles politiques aussi, sur des thèmes qui rappellent le Noir Désir des débuts, comme sur le titre « Quelque Part en France » où le chanteur se met dans la peau d’un électeur du Front national. Un album coup de poing, un cri du coeur sincère : Luke ne change pas la formule qui le classe définitivement à part, quitte à froisser et donc s’isoler, sur une scène française très frileuse dès qu’il s’agit de prendre position.

« Pourquoi la musique française ne serait pas capable d’entrer dans cette bataille-là ? » : le nouvel album de Luke

Pornographie, de Luke (Jive Epic/Sony Music). Sortie le 9 octobre.

Même pas Peur… qu’ils se disent

Même pas peur qu’ils se disent

de leurs balles en rafale

qui déchirent les corps

qui déchirent les cœurs

qui déchirent nos vies.

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Même pas peur qu’ils se disent

on restera au bar

jusqu’au bout de nos nuits

jusqu’au bout de nos vies

jusqu’au bout de la guerre.

Même pas peur qu’ils se disent

…..

Mais la peur , qui connait?

la Peur qui les assaille

la Peur qui te fais fuir

qui te tires en arrière

et te fais piétiner

la vie des autres…

…..

Même pas peur qu’ils se disent

un jeu, encore un autre,

personnages sur l’écran qui se  cachent

et qui tombent

qui évitent les bombes

et sortent victorieux

de leurs combats de mimes.

…….

Même pas peur

mais la Peur,

c’est quoi la Peur?

Celle qui prend aux tripes

celle que l’on voudrait

d’un seul mot effacer

Par un autre mot

……

Le Courage

le Courage de quoi?

de sortir de nos bulles

d’écouter , enfin,

ce voisin qui se cache,

de tendre une main

à l’enfant sans espoir

……

Le Courage d’inviter

à ce bar au soleil

cette femme voilée

qui , en baissant la tête,

se dépêche de rentrer

dans son ghetto.

……

Même pas peur, qu’ils se disent…

mais la Peur qui connait?

tous ces peuples qui fuient

sur des coques de noix

« jusque là je suis vivant… »

…….

et nous restons cloitrés

dans nos vies de confort

scotchés à la télé

et nos écrans tactiles…

…….

Même pas peur

je te tweete

même pas peur

je t’invite

sur le forum

de notre bonne conscience.

…..

Rendez-vous donc au bar!

on refera le Monde

à l’abri du comptoir

on noiera nos certitudes

dans les pintes de bière

…..

Je vaux pas mieux que vous

Même pas peur

de votre ire….!

Parfois mieux vaut en rire…

On n’est pas des héros..

……

Juste humains

ni plus ni moins,

avec peut-être en plus

la Liberté d’écrire.

Je suis Paris……

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Réveil

Jours de deuil

L’été est passé, les fruits du petit jardin

du voisin sont ramassés.

Le jardinier est parti

mais il va revenir

un jour…

On le sait qu’il va revenir

c’est déjà ça,

de le savoir…

Comme la paix,

comme la vie

qui continue.

Des mondes à deux vitesses

des mondes d’incompréhension

d’injustice

où la peur est le cocher

qui nous entraine.

13 novembre

je suis Charlie, je suis Paris,

je suis qu’un passant,

une fourmi qu’on écrase

dans la fourmilière

du Monde.

Par la fenêtre au loin

le soleil éclaire la vallée

ici dans l’ombre

on pourrait croire

que c’est la nuit.

Ce n’est juste qu’une illusion

il faut laisser le temps

au Soleil de s’approcher,

à la brume de se lever,

à l’obscurité de s’éloigner.

Encore une fois le Glas

Sur nos campagnes,

sur nos vies,

Incompréhension

des peuples.

Misères et lâchetés,

qui nous mènent à la Guerre

la Grande Guerre…

Celle qui décime les pauvres

les petites gens,

qui déportent les hommes

au-delà des mers…

Celles qui enrichissent les riches

les marchands d’armes

qui prospèrent…

Courber l’échine, faire le dos rond,

attendre que l’orage passe…

Petit jardin, dans ta terre

qui se repose,

il y a des millions de graines

qui un jour, ou un autre,

germeront.

Se suffire de cette certitude.

Peu à peu le Soleil te gagne,

peu à peu l’obscurité se dissipe,

peu à peu le froid extermine

la vermine…

nécessaire à la vie …

un lent recommencement

Attendre le jardinier

qui revient et qui trie

le bon grain de l’ivraie…

Subjectif tout ça!!!

Le bon jardinier,

qui arrache et qui brule

qui protège

et nous fera revivre.

ou mourir….

Coloriage….

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J’ai volé dans la chambre

les crayons de couleur

des enfants

J’ai ouvert le grand livre

d’images

sur la page des moutons

fallait remplir les cases

Oui mais comment on peint

du blanc dans une case blanche?

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Était-ce le mouton noir

de nos cités rebelles?

était-ce la brebis

égarée du troupeau?

ou alors un agneau

guettant le méchant loup?

Avec le crayon rose

j’ai colorié son nez

avec le crayon jaune

j’ai colorié ses yeux

avec le crayon bleu

j’ai colorié le ciel

Et ce fût un miracle…

ils se sont envolés

mélangés aux nuages

dans le ciel moutonné

ils ont rejoint

la mer

Méditerranée

Et sur la plage

les baigneurs allongés

ont dû cligner des yeux.

Était-ce le soleil

cette lueur dorée

et c’est quoi ce trait rouge?

un sourire alangui

un mirage

la lumière éblouie

Sur le livre d’images

je n’ai vu que du bleu

et flottant sur les vagues

des petits moutons blancs

et j’ai tourné la page

Benoit… Francine…

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La vie à la campagne, pagne…

bain de soleil, chapeau de paille…

les tracteurs font la ronde, blonde…

plus de meules de foin, paille

La chaleur qui s’écrase et qui pèse

sur la terre craquelée

sur nos âmes desséchées

le paysan s’essouffle

et sue à grosses gouttes

La vie à la campagne nous gagne

les bestioles qui piquent

les oiseaux se chamaillent

dans l’ombre des figuiers

la fraicheur des vieux murs

Un cimetière en plein air

au pied des Pyrénées,

petite mémé est partie

rejoindre son amour

de sa vie…

C’est l’été qui commence

Benoit, je t’ai pas oublié

ta photo sur la pierre

blanche

dans la main un micro,

toi si jeune

C’était ce même début d’été

était-ce la fin du millénaire

le début du suivant

compte rond…

ou commencent les ans

qui s’en vont?

La vie à la campagne

sans suite

jeunes ou vieux

autant s’aimer de suite…

est ce que les rayons de soleil

traversent

les pierres tombales?

Est-ce que la chaleur réchauffera

les cœurs meurtris?

est ce que la paix…

est ce que la vie…

est-ce que…?

je ne sais pas

la suite…

Le petit jardin grandit

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Indifférent aux querelles de clochers,

sous les orages qui auraient pu l’emporter…

le petit jardin pousse!

C’est rassurant🙂

De la pluie qui sur lui

s’est abattue sans relâche

il n’a pris que le meilleur!

de bons sels minéraux…

Quand le soleil revient

le petit jardin a oublié

qu’il avait fallu courber l’échine

un temps…

C’est rassurant🙂

Si lui aussi comme les gens

n’avait gardé que le mauvais temps

que mangerions-nous l’été venu?

Petit jardin si tu savais!

le bien que tu me fais

rien que de te voir…

c’est apaisant🙂

Retour au calme

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C’est pas grand-chose des cerises. Quelques grappes de fruits, une belle couleur qui éclaire le gris de nos journées. Éphémères il faut prendre le bonheur quand il est à portée de main.

Regarder cet éclat , se nourrir de sa chair, aujourd’hui cela suffit à me faire oublier ces journées délétères. Quelques cerises au creux de la main, joyaux sucrés à partager.

Pourquoi ces gens pleins de haine ne passent ils leur temps sous cet arbre, à contempler la vie qui s’offre à eux?

Cerises, jolies cerises, je resterais des heures les yeux dans vos rouges éclats, à écouter le vent caresser vos feuillages. Juste rester là et surprendre le merle voleur , son bec jaune carmin…

Je voudrais tant que le temps des cerises dure tout l’été, tout l’automne et l’hiver aussi.

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je voudrais tant oublier la noirceur de ces âmes, la grisaille de ces cours, la nuit qui descend envelopper nos corps jusqu’à l’aurore.

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